Mobilisation environnementale et reconfiguration des politiques de l’eau en Inde

Par Bérénice Girard
Français

En juin 2008, G.D. Agrawal, un professeur d’ingénierie environnementale à la retraite, cesse de s’alimenter pour dénoncer plusieurs projets de centrales hydro-électriques sur la Bhagirathi, l’une des rivières qui forment le Gange. Face à cette mobilisation, soutenue par plusieurs des anciens élèves et collègues de G.D. Agrawal, ainsi que par de nombreux militants environnementaux et politiques, le gouvernement fédéré d’Uttarakhand et le gouvernement fédéral prennent une diversité de mesures, certaines localisées, comme la suspension de plusieurs projets de centrales hydroélectriques, d’autres visant à l’inverse à replacer le développement de l’hydro-électricité sur la Bhagirathi dans la question plus large de la refonte de mode d’aménagement du Gange et de son bassin. Fondé sur plus de 140 entretiens et une étude détaillée de la littérature grise, cet article revient sur ces réponses et sur la manière dont la mobilisation de G.D. Agrawal contribue en particulier à la stabilisation d’un instrument de gouvernement de l’eau, la mesure des débits environnementaux dans la gestion du bassin du Gange. Ce cas permet d’interroger à nouveaux frais les questions de mise à l’agenda et d’élaboration de politiques publiques de l’eau en Inde, en s’intéressant à la capacité des mouvements environnementaux à les infléchir.

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