Variété d’élus ?
L’article s’inscrit dans le renouveau des études consacrées aux institutions parlementaires dans des contextes non démocratiques, auparavant considérées comme un simple décorum. Cette littérature éclaire désormais les raisons de leur existence ainsi que leurs effets sur la longévité, la performance ou la légitimité des régimes. Elle demeure toutefois lacunaire quant à ceux qui les peuplent. Partant de là, l’article propose de déplacer le regard vers les parlementaires per se, en revisitant les approches fondées sur les rôles parlementaires pour analyser la manière dont la biographie et la position, tant dans le parti qu’au sein de l’assemblée, façonnent la variété des élus en contexte autoritaire. L’étude mobilise des données originales relatives à la IXe législature de la Chambre des représentants marocaine (2012-2016). Une analyse des correspondances multiples, couplée à une classification ascendante hiérarchique, révèle une structure tripolaire de l’espace parlementaire : les « députés activistes », les « députés attrape-tout » et les « députés ténors du parti ». L’article suggère ainsi que l’étude des régimes autoritaires gagnerait à accorder davantage d’attention aux acteurs individuels et à la variété des élus qui peuplent les institutions non démocratiques.
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